Réflexions
À travers le sale et dur métier de peintre,il tente de trouver un éclat de jeunesse, de sa jeunesse perdu. Créer, n'est ce pas faire un pied de nez à la mort. La mort, c'est les rides, toutes les fausses dents. Peindre, c'est oublier que nous nous acheminons tous vers '' L'état de petit vieillard.'' Les années écoulées, perdu à jamais, où l'on faisais autre chose que de rire et d'aimer, remontent à la surface,et vous rend aigre. Les nouveautés de la ville, tous les plaisirs ont été vus et bus. Il ne reste que la vie. L'attraction s'amenuise.
Je peux bien me passer de Dieu, mais je ne puis pas, me souffrant, me passer de quelque chose plus grand que moi, qui est ma vie, la puissance de créer. Dans un tableau, je voudrais dire quelque chose de consolant, comme une musique. Je voudrais peindre des hommes ou des femmes avec je ne sais quoi d'éternel , dont autrefois le nimbre était le symbole, et que nous cherchons par le rayonnement même, par la vibration de nos colorations.
Patrik Delaunay.

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